Retour d'expérience sur l'édification et la gestion du réseau SIGFIP en Côte d’Ivoire
KEHIN DEBOHI ARNAUD LUCIEN
Direction d'exploitation, SNDI
BP V69 ABIDJAN, Côte d’Ivoire
01 BP 5013 ABIDJAN 01
Résumé
La Société Nationale de Développement Informatique (SNDI), conçoit et gère le réseau SIGFIP pour le compte de l’État de Côte d’Ivoire. Elle offre à l’ensemble des utilisateurs de l’administration publique et parapublique la possibilité de se connecter en temps réel, de bénéficier des applications de la comptabilité, du budget et des finances, de l’accès à l’Internet avec un débit partagé de 60Mbps à travers une architecture réseau construite au fil des années.
Cet article présente le contexte global, les objectifs et le rôle de la SNDI, les contraintes de déploiement des réseaux LAN, MAN et WAN de 2000 à 2009 à travers les technologies Ethernet, WiMAX et VSAT, ainsi que les projets novateurs en Côte d’Ivoire dans l’administration, les universités, grandes écoles et centres de recherches, la contribution de la SNDI à la mise en place du schéma directeur 2007-2010 et de son exécution pratique à l’Université Nationale d’Abidjan COCODY.
Un accent particulier sera mis sur l’expertise et l’impact de la SNDI dans la sous région ouest africaine, notamment dans les pays du Togo, de la Guinée Bissau, du Sénégal et du Bénin.
Mots clés
Réseau SIGFIP, WiMAX, faisceau hertzien, VSAT, BLR, SIGFIP, SIGMAP, RICI, CI, Abidjan,
Le SIGFIP (Système Intégré de Gestion des Finances Publiques) est une application qui a été conçue pour l'exécution, le contrôle, le suivi et la prévision des dépenses publiques en Côte d’Ivoire. Il s'inscrit dans le cadre de la réforme visant à unifier les budgets de dépenses courantes et d'investissements, à renforcer le contrôle, la prévision et l'exécution des dépenses.
La gestion des finances publiques par le biais du SIGFIP présente l'avantage de maintenir les dépenses de l'État dans l'assiette prévue par la loi des finances, votée par les députés, et d'éviter les dépenses non ordonnancées qui entravaient les efforts de bonne gouvernance.
Pour étendre et favoriser son implantation dans toute l’administration ivoirienne, il est apparu nécessaire dès l’an 2000 de mettre en place un réseau informatique fiable et fortement sécurisé à travers des technologies adaptées aux réalités locales.
Cette tâche a été confiée à la SNDI, société d'État créé depuis 1999, née après la dissolution de l’OCM (Office Centrale de la Mécanographie). Elle a vue le jour par décret n° 99- 220 du 10 mars 1999. Elle est sous la tutelle du Ministère de l’Économie et des Finances, avec un siège social à Abidjan. La SNDI assiste ainsi les services de l'État, notamment le trésor, le budget, les ministères, les universités, les centres de recherches, les grandes écoles, les forces armées, les centres hospitaliers, les communes, les entreprises publiques et privées.
La SNDI apporte sa contribution dans la prise en charge des besoins de ces services . Elle joue les rôles suivants :
la réalisation des études de projets et de schémas directeurs, des études de marchés informatiques et de budgétisation de la dépense informatique ;
la mise en œuvre et le suivi de l’exécution des projets informatiques en qualité de maître d’œuvre ;
l’exploitation des applications informatiques ;
le renforcement des capacités du personnel des administrations à travers la formation ;
l’assistance technique des utilisateurs pour les applications dont elle en a la gestion (SIGFIP, SIGMAP1, RICI-EPN2).
L' interconnexion des sites distants avec la SNDI fait appel à des technologies très différentes: liaisons hertziennes (VSAT et Boucle locale radio) pour le réseau MAN et WAN, fibre optique pour le réseau inter-bâtiments, câblage filaire pour le LAN.
Dans notre exposé, nous présenterons succinctement la côte d'ivoire et le SIGFIP, puis nous aborderons les contraintes liées au déploiement du réseau SIGFIP et une description sommaire des solutions techniques disponibles en Côte d’Ivoire. Dans une troisième étape nous présenterons la contribution et l’impact de la SNDI dans la sous région Ouest Africaine et dans le monde universitaire à travers le cas particulier de l’université de COCODY.
La République de Côte d’Ivoire, est un pays d’Afrique occidentale, d’une superficie de 322.462km2, limité au nord par le Mali et le Burkina Faso, à l’Ouest par le Libéria et la Guinée, à l’Est par le Ghana et au Sud par l’océan Atlantique. La population est estimée à 19.997.000 habitants. La Côte d’Ivoire a pour capitale politique et administrative Yamoussoukro (Abidjan demeurant la capitale économique), pour langue officielle le français et pour monnaie, le franc CFA. La figure ci-dessous présente la Côte d'Ivoire sur la carte de l'Afrique,
Figure
1: la côte d'Ivoire représentée sur la carte de
l'Afrique
Les télécommunications couvrent en Côte d'Ivoire les domaines de la téléphonie fixe, la téléphonie mobile et l'Internet. Prolongement à l'échelon national de l'industrie mondiale des télécommunications, elles sont caractérisées par d'importantes innovations technologiques et, nonobstant la crise, le marché local est en pleine expansion. La téléphonie fixe est dominée par Côte d’Ivoire Télécom (CIT), société à participation financière de l'État ivoirien dont la gestion est assurée par France Câbles et Radio, filiale de France Télécom.
La connectivité de notre pays en très haut débit est en grande partie assurée par le câble SAT3/WASC/SAFE mis en service en 2002 et reliant l'Europe, l'Afrique et l'Asie avec une capacité installée de 120Gbits. Cinq opérateurs principaux se partagent le marché local. Le nom de domaine est le (.ci) avec 2500 sites internet enregistrés en 2008.
Il est apparu que le mécanisme de préparation et d’exécution du Budget de l’État subissait des blocages ou des retards parfois importants dont l’origine était souvent difficile à localiser.
Ces retards d’instruction pouvant avoir pour effet de remettre en cause les bases mêmes du programme de relance économique, il est apparu urgent de repérer les causes de ces dysfonctionnements et d'y apporter des solutions.
C’est ainsi que fut organisé du 28 au 30 juillet 1997 à Abidjan un séminaire sur la gestion des crédits budgétaires et le circuit des dépenses. À son issue, un consensus s’est dégagé sur la nécessité de réformer en profondeur les systèmes d’information en vigueur, en vue d’atteindre les objectifs d’efficacité, de maîtrise de la gestion des finances publiques. Il a été décidé de procéder à la mise en place d’un Système Intégré de Gestion des Finances publiques connectant au sein d'un même réseau tous les acteurs du circuit de la dépense. La maitrise d’œuvre a été confié à la SNDI.
Mis en place au sein du Ministère de l'Économie et des Finances par l’arrêté N° 981/MEF/CAB du 13 novembre 1997, le projet SIGFIP a pour objectifs principaux :
d’améliorer la préparation du budget ;
de réduire les délais dans le circuit des dépenses, sans sacrifier les contrôles jugés nécessaires ;
d’assurer la fluidité de l’information tout le long de la chaîne et la production régulière des tableaux de bord correspondants ;
d’assurer la disponibilité d’informations économiques et financières sous toutes les formes de synthèses désirées ;
d’assurer la sécurité du Système Central Hiérarchisé afin de réduire les interventions intempestives ;
d’étendre le système SIGFIP à tous les utilisateurs; c’est-à-dire de faire en sorte que chaque utilisateur dispose, sur son bureau, d’un poste de travail (un PC) relié au système central.
Le climat est généralement chaud et humide. Deux grandes zones climatiques se côtoient: le climat équatorial au sud du pays, dans la zone forestière et le climat tropical de savane, au nord, lui-même plus ou moins sec. Les températures oscillent entre 22°C et 35°C avec une moyenne de 28°C. Il est caractérisé par un fort taux d'humidité (de 80 à 90%) et des précipitations abondantes, qui atteignent à Abidjan 1.766mm3 et à Tabou (sud ouest du pays) 2129mm3. Pour palier à cet environnement climatique difficile, nous sécurisons nos installations contre la foudre par la pose de paratonnerres et climatisons systématiquement les locaux qui abritent des équipements informatiques.
La crise politico-militaire déclenchée le 19 septembre 2002 a entraîné l'abandon des zones de conflit par l'administration publique et les entreprises privées. De nombreuses infrastructures économiques ont été détruites.
Pendant les six premières années du conflit, la croissance économique fut négative (-0,4%), largement inférieure à celle des autres pays de l'UEMOA3 (+4,1%) et à l'Afrique sub-saharienne (+4,9%). De nombreuses entreprises tenues par des non nationaux quittèrent le pays ou réduisirent très fortement leurs activités en attendant la fin de la crise. De même, les investissements étrangers directs chutèrent. Ce repli de l'activité économique aggrava la trésorerie de l’état qui finance la quasi-totalité des travaux de maintenance et d’extension du réseau SIGFIP, surtout dans la zone Nord du pays occupée par l'ex-rébellion armée où nous avons perdu tout notre matériel déjà installé. Nous avons continué à déployer le réseau uniquement dans la zone sud et au centre du pays. Le budget de financement alloué a baissé de plus de 60%, rallongeant les délais d'extension du SIGFIP dans les villes et villages, perturbant ainsi le plan développement informatique du pays.
En Côte d’Ivoire les opérateurs de téléphonie et les entreprises de télécommunication offrent plusieurs solutions dans la transmission de données inter-sites :
filaires en cuivre, de Côte d’Ivoire Télécom: RNIS4, ADSL5, Liaisons spécialisées, solutions utilisant les lignes téléphoniques analogiques et numériques ;
les liaisons par faisceaux Hertziens des opérateurs privés (point-to-point, BLR) ;
les liaisons VSAT par hub satellite. La technologie est peu maitrisée, les Hubs sont généralement installés sur le continent américain ou européen.
Le niveau de développement et d’industrialisation du pays est faible et n’incite pas les opérateurs à investir dans des infrastructures performantes.
Le parc de production électrique de la Côte d'Ivoire a une puissance installée de 1 202 MW. 604 MW sont pourvus par les six usines hydroélectriques et 598 MW par les centrales thermiques fonctionnant avec le gaz naturel ivoirien.
La Côte d'Ivoire dispose d'un réseau interconnecté de transport d'énergie électrique comprenant des interconnexions avec le GHANA, le MALI, le TOGO, le Bénin et le BURKINA FASO dont elle est fournisseur.
Il existe plusieurs problèmes à la bonne marche de l’électricité en Côte d'Ivoire. Ces difficultés sont la source de fréquentes perturbations de la fourniture, des interruptions, des délestages ou des rares déclenchements généraux (Black out sur toute l’étendue du territoire national).
Le parc de production de l’électricité de la Côte d'Ivoire est aujourd’hui dépassé, avec une moyenne d’âge de 24 ans. Le premier barrage hydroélectrique, celui d’Ayamé, a été construit en 1960 et la dernière installation de production, la centrale thermique d’Azito 2, date de 2000. Pendant les périodes de sécheresse, le manque d’eau dans les barrages conduit à une baisse de l’énergie disponible.
D'autre part, la fraude et les branchements anarchiques ont atteint des proportions inquiétantes (16.095 cas de fraude découverts en Côte d'Ivoire en 2008).
La conséquence de l’instabilité du réseau électrique est fortement ressentie au niveau de la sécurisation des équipements actifs (radios, routeurs, ordinateurs, modems VSAT, commutateurs etc.) qui sont généralement endommagés par les surtensions électriques. Pour palier à ces difficultés, nous avons installé des équipements de sécurisation dans tous les locaux techniques abritant les matériels, notamment des onduleurs on-line d'une autonomie de 4h, des transformateurs d'isolement en front avec nos équipements et le courant arrivant du concessionnaire ainsi que des parafoudres.
le schéma directeur de l’urbanisation du pays date des années 1980 ;
l’absence de diffusion du schéma directeur de l’urbanisation a entrainé une désorganisation dans le secteur. En effet les entreprises participant à l’installation des voies routières, à l’approvisionnement d’eau et d’électricité, au conduit de poste de communication téléphonique ne travaillent pas en synergie ;
la faiblesse des moyens techniques et financiers des autorités compétentes pour maintenir l’existant et suivre le plan d’extension a entrainé le désordre dans le secteur ;
le manque d'infrastructure disponible (fourreaux) pour relier les différentes structures aussi bien dans la capitale que des villes et villages.
Cette situation rend difficile l'interconnexion par fibre optique de sites distants de quelques kilomètres, dans une même commune ou dans un même quartier et nous oblige à déployer partout des liaisons hertziennes, afin de permettre aux différentes organisations de communiquer.
Avant la mise en place du réseau SIGFIP, les réseaux informatiques en Côte d’Ivoire existaient uniquement dans des sociétés privées et dans certaines filiales d’entreprises multinationales. Dans la quasi-totalité de l’administration publique et parapublique, les réseaux informatiques existaient au stade embryonnaire, à savoir :
quelques réseaux locaux (réseaux FDDI et Ethernet) dans des bâtiments câblés en cuivre avec des prises informatiques insuffisantes et un faible niveau d’interconnexion interbâtiments ;
des réseaux inter-sites métropolitain : principalement par faisceaux hertziens à 2 Mbits/s point-à-point ;
des réseaux longues distances vers les villes de l’intérieur: par des liaisons spécialisées (LS) louées avec Côte d’Ivoire Télécom (CIT).
Ces liaisons spécialisées nous causaient d’énormes difficultés notamment :
l’impossibilité pour l’opérateur CIT d’interconnecter certaines zones stratégiques pour le gouvernement ivoirien ;
la dépendance vis-à-vis de cet opérateur, qui avait la maîtrise des dépannages et qui ne réagissait pas promptement ;
la limitation des débits car certaines liaisons ne pouvaient pas dépasser 64 kbps ;
le coût excessif des liaisons, fonction de la distance et de la bande passante allouée ;
les feux de brousses allumés par les paysans pour des besoins de travaux champêtres, brulaient les lignes de télécommunications qui traversaient les zones agricoles ;
la vétusté des équipements d’interconnexions de l’opérateur primaire datant pour certains des années 70.
Toutes ces difficultés ont incité in fine la SNDI à acquérir une plateforme maitrisable afin de rendre l’administration toute entière totalement indépendante des contraintes d’exploitation de cet opérateur et d’offrir une alternative plus fiable, performante et compétitive.
Les critères retenus pour la mise en place du réseau SIGFIP tiennent compte des contraintes précitées, notamment la :
maîtrise des évolutions : les évolutions du réseau sont décidées exclusivement par la SNDI ;
garantie de pérennité : compte tenu de la durée de vie limitée des supports d’infrastructure (fibre optique, faisceaux hertziens, VSAT) et des équipements actifs, l’architecture réseau doit garantir une pérennité des investissements ;
disponibilité et fiabilité : les applications étant de plus en plus dépendantes du réseau, il était impératif de disposer d’un réseau fiable et disponible ;
maîtrise des coûts: en particulier, la maîtrise des coûts de fonctionnement doit être impérative. Ce choix a comme conséquence d’être dans une logique d’investissement (achat) plutôt que dans une logique de fonctionnement (location).
Pour s’adapter aux besoins grandissants en capacité, à un nombre croissant de services fournis aux clients, et à un souci constant de répondre aux demandes de plus en plus nombreuses, le système d’information de la SNDI évolue chaque jour, tant par son architecture que par son étendue.
Historiquement les besoins en connectivité vers les sites de l’intérieur du pays et d’Abidjan ont mené les décideurs à opter respectivement pour des liaisons louées et des liaisons Wifi, et ce pour des raisons de coût, de disponibilité et de facilité de mise en œuvre de ces technologies. L’évolution des besoins et des technologies aidant ces choix sont devenus obsolètes tant en terme de sécurité que de performance ou de maintenance.
Les liaisons louées sont migrées progressivement vers des liaisons VSAT qui permettent une meilleure maitrise de bout en bout par la SNDI et une qualité de service optimale dans des environnements techniques où les réseaux filaires sont de piètre qualité (la fréquence des coupures des liaisons oscille entre 2 et 3 coupures par mois et peuvent durer pendant plus de 2 jours). La bande passante peut ainsi être gérée à la demande, permettant d’offrir des garanties au client final et une sécurité accrue par des équipements dédiés très performants. Ce choix s’avère pertinent de par la simplicité de déploiement des sites distants et permet une augmentation très rapide du nombre de sites servis.
L’architecture du réseau de la SNDI est hybride, composé de technologies variées. On y trouve une ossature physique composée de liaisons filaires pour les réseaux locaux, de faisceaux hertziens pour les réseaux métropolitain et de VSAT pour l’interconnexion des villes (préfecture, sous préfecture, et services de l'État). La figure 2 montre l’interconnexion des villes de l’intérieur par liaisons spécialisées de 2001 à 2006.
Figure 2: Interconnexion des villes de l’intérieur par LS de Côte d’Ivoire Telecom de 2001 à 2006
Les liaisons Wifi 802.11b qui ont permis des interconnexions à moindre coût sur des distances avoisinant les 10 km «à vue», avec des débits allant de 2 et 6 Mbps pendant de nombreuses années (de 2001 à 2006) sont devenues obsolètes de par la saturation complète de ces fréquences qui -rappelons le- ne sont pas réglementées. La fréquence publique est de 2.4Ghz. De par leur faible niveau de sécurité et la disparition d’équipements fiables remplissant cette fonction sur le marché, la SNDI s’est donc tournée vers la technologie WiMAX et des fréquences attribuées par l'autorité nationale de régulation. Cette technologie point/multipoint permet de simplifier l’architecture en termes d’équipements et de réduire les risques d'interruptions des liaisons.
Le cœur de la technologie WiMAX est une station de base (Base Transceiver Station : BTS). Elle permet d’atteindre des milliers d’utilisateurs. Le WiMAX ne nécessite pas que le site client soit en ligne visuelle directe (Line Of Sight : LOS) pour qu’une connexion soit établie. En effet, le WiMAX permet de franchir de petits obstacles comme des arbres et des maisons. Il promet des débits de plusieurs dizaines de megabits/seconde sur des rayons de couverture de quelques dizaines de kilomètres. La technologie du WiMAX apporte à l’utilisateur les avantages d´un monde mobile : la flexibilité de surfer partout dans la zone de couverture avec une vitesse de connexion haut débit classique.
En 2006, nous avons débuté l’installation du WiMAX avec 3 stations de base de 120° formant un angle d’ouverture de 360° dans la bande de fréquence privée de 3.5Ghz pour un débit partagé de 30Mbps autour du point central sur une portée de 50km. Dès lors, à partir d’un point quelconque de la ville d'Abidjan, on pouvait avoir accès au réseau WIMAX. Des pylônes ont été installés sur les toits des bâtiments sur lesquels sont installés des radios réceptrices qui pointent sur la boucle locale radio installée à la SNDI. Les figures 3 et 4 présentent le réseau point-to-point et le réseau WiMAX de la ville d’Abidjan.
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Figure 3:
Architecture du réseau faisceau Point-to-Point en bande
de fréquence publique 2.4Ghz de 2001 à 2006 |
Le HUB Satellitaire est un Mini-Hub dimensionné avec une antenne de 4.50m de diamètre et un SSPA6 de 50W. Il utilise la bande Ku qui émet dans la plage de fréquence de 14 GHz et reçoit dans la plage de 12 GHz. L’utilisation à la norme DVB-S2 permet un gain de 39% de bande passante qui est de 15Mhz. Deux amplificateurs redondants de 50W gèrent le signal et un amplificateur dans la baie des Gateway (Ce sont deux baies de quatre serveurs chacun installés sous Linux (Debian). Ils servent à la gestion des accès des VSAT au réseau télécom grâce à des bases de données et des routeurs). Ils permettent d'assurer la continuité des communications entre le téléport et les terminaux. Tous les terminaux se loguent à 6 Megasymbols. Une soixantaine de villes sont connectées à travers des VSAT installés dans chaque trésorerie. Malheureusement, faute de moyens financiers, nous n'avons pas encore déployé l'infrastructure de secours aux fins de palier à d'éventuelles dommages sur le Hub.
Sur les sites distants nous installons de facto des VSAT de 1.8m à 2.4m de diamètre généralement dans les trésoreries parce qu’elles sont sécurisées. Cette technologie abolit les notions de distance. La figure 5 illustre la plate forme du Hub satellite installé sur le bâtiment F de la cité financière et les villes desservies.
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Figure 5: La plate forme HUB satellite A9740 DVB-RCS et l’interconnexion des villes desservies
Le réseau est géré quotidiennement par des ingénieurs et des techniciens de la SNDI, tous formés dans des grandes écoles et universités en Côte d’Ivoire. Ils sont aidés dans leurs tâches par des assistants délocalisés dans les villes connectées au réseau. Ces agents sont communément appelés «agent SIGFIP». Ils font la maintenance de premier niveau.
Elle comprend : la surveillance en temps réel du trafic sur les liens du réseau, la mise à disposition d'écrans OpenView montrant l'état des éléments actifs du réseau, la mise à disposition de différents graphes d’activité MRTG produits pour les serveurs et les équipements actifs, consultables par une interface web, la fourniture d'un tableau de bord mensuel, ainsi que la mise à disposition des éléments qui permettent le comptage de trafic.
La sécurité du réseau informatique et télécom est assurée par des équipements JUNIPER. Couplés avec des routeurs CISCO. Une politique de sécurité a été définie par la création d’ACLs par zones de routage. Ainsi il existe une zone pour les utilisateurs qui ne se connectent au réseau que pour accéder à Internet, notamment les centres de recherches et les universités, et une zone pour les acteurs qui ont besoin d'accéder au SIGFIP, SIGMAP ainsi qu'à l’Internet. Nous avons également mis en place le blocage de certains services comme le peer to peer, l’authentification unique par utilisateur, la durée de session utilisateur limitée mais renouvelable, ainsi qu’un antivirus sur le réseau.
Le succès du système d'information SIGFIP a eu un écho favorable dans la sous région et plusieurs pays ont sollicité son expertise afin de bénéficier de l’expérience ivoirienne. C’est ainsi que de 2001 à 2003 la SNDI a entamé la conception et la réalisation de l'application, le recrutement et la formation des jeunes diplômés Béninois, ainsi que le déploiement des réseaux locaux et l’interconnexion de tous les ministères installés dans la capitale COTONOU et dans la seconde Ville PORTO NOVO. Cette expérience ivoirienne s’est aussi exportée de 2004 à 2006 au Sénégal, de 2008 à 2009 simultanément au Togo et en Guinée Bissau. Des conventions de partenariats sont signées avec les états dans laquelle la SNDI est tenue de donner tous les codes sources de l'application au pays bénéficiaire.
L’expertise de la SNDI a permis à ses pays voisins de maitriser les finances publiques en termes de dépenses et de recettes.
Le besoin de se connecter à l’internet est devenue une nécessité dans l’univers de l’enseignement supérieur. C’est ainsi que la direction générale du budget (DGBF) à travers les conférences budgétaires a mandaté la SNDI pour accompagner les universités et grandes écoles publiques dans le développement de l’informatique.
Les travaux ont commencé en 2005 à l’Unité de Recherche de l’Enseignement Supérieur (URES) de DALOA et URES de KORHOGO, à l’université ABOBO ADJAME et de COCODY. Les centres de recherches ont bénéficié de l’expertise de la SNDI, à savoir le Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d'Ivoire (CSRS), le Centre National de recherche Agricole (CNRA) pour l’interconnexion par VSAT de ses quinze sites de l’intérieur du pays et l’institut polytechnique de Yamoussoukro (INPHB) en vue de l’accès à l’Internet.
Des études sont en cours pour l’interconnexion de l’ensemble des écoles et universités dans le cadre de la mise en œuvre du système LMD.
Selon les statistiques de 2006, l’Université de Cocody compte 13 UFR et 14 instituts et centres rattachés; 2 centres de recherche autonomes (CRA) et 1 école ; 1500 enseignants-chercheurs et chercheurs, 500 agents administratifs et techniques, 55 000 étudiants environ, plus de 180 bâtiments. L’UCA s’étend sur une superficie de près de 482 hectares, sur son site principal de Cocody. En 2009 la présidence de l’université a été délocalisée dans la commune de BINGERVILLE, située à 10km du district d'Abidjan.
Sur financement du budget de la DGBF, une étude diagnostique du système d’information a été réalisée en septembre 2005 par la SNDI.
L’intérêt du Schéma directeur était de faire une mise à niveau de l’existant, deux ans après l’audit et de prendre en compte d’éventuels besoins nouveaux, notamment la maîtrise de l’informatique, l’aboutissement à une bonne visibilité et à une parfaite intégration du système d’information de l’Université Nationale de Cocody, de permettre aux enseignants et étudiants d’accéder à l’Intranet pour les activités pédagogiques et à l’administration de disposer de données fiables nécessaires au pilotage.
L’infrastructure réseau de l’UCA est de type étoilé et de topologie Ethernet . C’est un réseau hybride composé de supports filaires (câble FTP CAT5E, fibre optique monomode et multimode) et une boucle locale radio (dans la bande des 2.4Ghz à 11Mbps/s). Il n'existait pas de réseaux locaux dans 80% des bâtiments. Le réseau hertzien couvrait seulement 5 bâtiments sur les 210 dont la présidence de l’université, l’UFR de médecine, de pharmacie,le centre hospitalier et le CIRES. Ce réseau était très instable et mal conçu. Les salles informatiques des UFR étaient généralement délabrées et poussiéreuses. La DSI de l'université n'avait pas été associée aux travaux de câblage effectués dans certaines UFR. Les cascades inopportunes et l’inadaptation des éléments actifs conduisaient à de nombreuses collisions et à une lenteur au niveau du trafic. L’absence de logiciels d’administration et de dépannage à distance entraînait une inefficacité dans le diagnostic et rallongeait le délai d’intervention. Ceci réduisait l’efficacité du personnel affecté à cette tâche.
L’orientation technologique s’est traduite à travers la figure 6 par l'amélioration de la disponibilité du réseau en construisant des réseaux locaux dans toutes les unités de formation et de recherches, l'accroissement du débit internet de 2 à 6 Mbps, le renforcement du niveau de sécurité. L'acquisition de 12 nouveaux serveurs a permis la mise en place de nouveaux services structurants ( le DNS, l'annuaire LDAP, la messagerie, Proxy, firewall, l'authentification sécurisée et le site web.). Ces services ont été déployés en utilisant des techniques de virtualisation, avec l'appui de l'université de Nantes.
Figure 6: la nouvelle orientation technologique
La mise en place d’un tel réseau a nécessité beaucoup de temps, mais n’aurait pas été possible sans la prise en charge financière par l’État de Côte d’Ivoire en relation avec la Direction Générale du Budget et des Finances(DGBF).
L’objectif du réseau SIGFIP est la couverture totale du territoire national afin de permettre aux acteurs de l’administration publique d’accéder à tous les services disponibles sur le réseau.
Il couvre actuellement les zones du Sud et de l’Est du pays. Nous envisageons prioritairement cette année et pour les années à venir de connecter les villes du nord. Cinq villes du nord en bénéficient actuellement.
L’impact de la SNDI dans le monde universitaire a permis d’améliorer les conditions de travail avec un réseau bien dimensionné, et surtout un accès à l’Internet de qualité.
La migration vers les réseaux VSAT et WiMAX nous a permis de résoudre le problème de saturation de la bande passante sur les LS, la dépendance vis à vis de l’opérateur historique, d’augmenter le niveau de sécurité et de s’affranchir des contraintes géographiques.
Le réseau SIGFIP pourrait constituer le réseau national ivoirien. Nous pourrions envisager à court terme une conférence semblable aux JRES dans l’espace de l’UEMOA afin de partager notre expérience universitaire aux pays voisins.
Réseaux sans fil dans les pays en développement, 2ème édition, un guide pratique pour la planification et la construction des infrastructures de télécommunications à bas prix. http://wndw.net.
Gilles Requilé et Raymond Navarro, article dans les Actes du congrès Genèse «d'une nouvelle architecture Mutualisation régionale de l'infrastructure haut débit» page 2 à 4. JRES2003, lille Novembre 2003.
Présentation Générale du SIGFIP du 12.08.1999.
Mémoire de fin d’étude «Mise en place d’une politique de sécurité dans le cadre du déploiement du réseau SIGFIP» Kehin debohi, février 2003.
Étude d’urbanisme pour Actualisation du schéma directeur d'Abidjan, bilan-diagnostic urbain Étude N°3 phase 1, juillet 1996.
[Étude d’urbanisme pour Actualisation du schéma directeur d'Abidjan, historique de la planification à long terme à Abidjan Étude N°4 phase 1, Juin 1994.
1Système Intégré de Gestion des Marchés Publics
2Réseau Informatique de Comptabilité Intégré des Établissements Publics Nationaux
3Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine
4Réseau Numérique à Intégration de Services
5Asymetric Digital Subscriber Line
6Solid State Power Amplifier